From the Field Kisumu, Vihiga : former les agriculteur.rice.s, transformer les sols, améliorer les moyens de subsistance

Kisumu, Vihiga: Training Farmers, Transforming Soils, Improving Livelihoods  

À Kisumu et Vihiga (Kenya), l’Alliance de Bioversity International et du CIAT forme des agriculteur.rice.s à la restauration des sols dégradés grâce à des méthodes pratiques fondées sur la science, afin d’accroître la productivité, la résilience climatique et les moyens de subsistance.

Des sols en bonne santé sont essentiels pour garantir la sécurité alimentaire, des moyens de subsistance durables, la préservation de l’environnement et la résilience face au changement climatique. Pourtant, le bien-être des sols reçoit souvent peu d’attention, et leur fertilité se dégrade au fil des années. Avec le temps, les sols, en particulier en Afrique subsaharienne, ont été négativement affectés par des facteurs tels que l’usage excessif d’intrants agricoles de synthèse, l’érosion, la surexploitation des terres, des pratiques agricoles non durables, entre autres. Le changement climatique et ses effets ont encore accentué les menaces qui pèsent sur la santé des sols.

Analyser des échantillons de sol pour agir en connaissance de cause

L’an dernier, l’Alliance, dans le cadre de l’Initiative du CGIAR sur les Solutions positives pour la nature (Nature +), a collecté et analysé des échantillons de sol sur trois sites situés dans des exploitations regroupées à Agoro East et Jimo East (Kisumu), ainsi que dans des exploitations de petit.e.s producteur.rice.s à Vigulu (Vihiga).

Des scientifiques de l’Alliance, dirigé.e.s par le Dr. Manoj Kaushal, ont évalué les propriétés physiques, chimiques et biologiques des sols. L’étude, qui a mobilisé des techniques métagénomiques avancées, a permis d’obtenir une analyse détaillée de la diversité et des fonctions des microbes du sol.

Formation ToTs

Dans ce contexte, l’Alliance a formé plus de 60 formateur.rice.s de formateur.rice.s (ToTs) à Kisumu et Vihiga sur la santé des sols, comme première étape vers un changement durable en faveur de sols sains.

Ces sessions, qui ont réuni des ToTs de Jimo East et Agoro East dans le comté de Kisumu, ainsi que de Vigulu dans le comté de Vihiga, ont combiné apports théoriques et démonstrations pratiques afin de doter les agriculteur.rice.s des connaissances et compétences nécessaires pour restaurer et gérer durablement leurs sols.

Un apprentissage pratique pour un impact plus fort

À Kisumu, plus de 40 ToTs ont lancé le programme par une journée d’apprentissage inspirante, mêlant échanges en salle et activités pratiques sur le terrain. Les agriculteur.rice.s ont préparé avec enthousiasme du bokashi et un biofertilisant azoté liquide biologique, en suivant chaque étape avec précision. Cette approche interactive a permis d’approfondir leur compréhension des techniques tout en renforçant leur confiance pour former d’autres personnes dans leurs communautés.

À la fin de la journée, chaque ToT avait non seulement acquis de nouvelles connaissances, mais s’était également engagé.e à les partager en formant au moins 10 autres agriculteur.rice.s, garantissant ainsi une large diffusion des compétences et des pratiques dans la région.

À Vihiga, 20 ToTs ont participé à des sessions théoriques avant de passer aux démonstrations pratiques. Ce qui a particulièrement marqué, c’est le fort esprit d’apprentissage entre pairs : les participant.e.s qui préparaient le bokashi formaient celles et ceux travaillant sur le biofertilisant azoté liquide biologique, et inversement. Cet échange a renforcé la maîtrise collective de ces techniques régénératrices et encouragé le travail d’équipe ainsi qu’un leadership partagé.

« J’avais toujours entendu parler du bokashi sans jamais l’avoir vu. Je suis heureuse de pouvoir maintenant le fabriquer à partir de matériaux disponibles localement », explique Elizabeth Omusiele, ToT.

Enseignant de profession, Albert Karanja affirme qu’il partagera ces connaissances non seulement avec les membres de sa communauté, mais aussi avec ses élèves.

« Les agriculteur.rice.s d’ici s’appuient depuis longtemps sur des engrais de synthèse, ce qui a affecté à la fois la santé de nos sols et leur productivité », souligne-t-il.

Les écoles étant actuellement en vacances, Karanja, qui est aussi agriculteur, s’engage à consacrer son temps à la promotion de la santé des sols en produisant du bokashi et de l’engrais azoté liquide sur son exploitation. Il envisage de transformer sa ferme en centre d’apprentissage à l’avenir.

Lillian Aluso, de l’Alliance à Vihiga, a encouragé les personnes formées à appliquer immédiatement les connaissances acquises dès la prochaine saison de plantation, soulignant l’importance de passer de l’apprentissage à l’action.

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Construire un avenir agricole durable

La formation vise à autonomiser les agriculteur.rice.s afin qu’ils et elles adoptent des pratiques régénératrices de gestion de la santé des sols, améliorant la productivité, réduisant la dépendance aux intrants de synthèse coûteux et renforçant la résilience face au changement climatique. Grâce à ces actions de formation des formateur.rice.s, les communautés agricoles de Kisumu et Vihiga sont désormais mieux outillées pour améliorer la fertilité des sols, accroître les rendements et sécuriser leurs moyens de subsistance.

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Restaurer la vitalité des sols

Voici quelques mesures simples et concrètes pour restaurer la vitalité des sols :

  • Augmenter l’utilisation de fumure organique : le compost, le fumier de ferme et d’autres amendements organiques nourrissent les micro-organismes du sol et améliorent sa structure plus efficacement que les engrais de synthèse seuls.
  • Adopter la diversité des cultures : éviter la monoculture et intégrer des légumineuses, fixatrices naturelles d’azote, peut considérablement améliorer la fertilité des sols.
  • Réduire le travail du sol : limiter les perturbations protège la structure du sol et préserve les micro-organismes bénéfiques.
  • Intégrer des arbres dans les exploitations : l’agroforesterie améliore la rétention d’humidité, fournit de l’ombre, prévient l’érosion et enrichit le sol grâce à la litière foliaire.
  • Analyser régulièrement les sols : connaître l’état nutritionnel du sol permet aux agriculteur.rice.s de corriger les carences de manière précise et durable.

Appliquées de façon cohérente, ces mesures peuvent transformer durablement la santé des terres.

La santé des sols est une responsabilité collective

  • Les agriculteur.rice.s doivent adopter des pratiques durables qui prennent soin des sols.
  • Les gouvernements doivent intégrer la santé des sols dans les politiques agricoles et environnementales, élargir les services d’analyses des sols et soutenir les programmes de vulgarisation.
  • Les scientifiques doivent poursuivre leurs recherches, partager les innovations et accompagner les communautés avec des recommandations fondées sur des données probantes.
  • Le grand public doit reconnaître la valeur des sols en bonne santé et plaider pour leur protection.

Après tout, le sol est le socle de la sécurité alimentaire, de la stabilité économique et de la santé environnementale. Lorsque les sols se dégradent, ce sont des communautés entières qui en souffrent. Mais lorsque les sols prospèrent, ils nourrissent les populations, les paysages et les générations futures.

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