Blog Cartographier les environnements alimentaires ainsi que la durabilité et la sensibilité nutritionnelle associées des chaînes de valeur alimentaires sous-utilisées mais riches en nutriments en Ouganda
Le rôle essentiel de la cartographie et de la compréhension des environnements alimentaires ne peut être surestimé. En identifiant les types et les sources de notre alimentation, nous acquérons la capacité de traiter les problèmes de santé potentiels à leur origine. Cette approche proactive garantit que les consommateur.rice.s sont non seulement informé.e.s sur leur alimentation, mais qu’ils et elles ont également accès à des options sûres et nutritives dès la source.
Financé par l'Union européenne, le projet Healthy Diets 4 Africa (HD4A) vise à mieux comprendre comment lutter contre toutes les formes de malnutrition. L’objectif général de la recherche présentée ici est de cartographier et d’évaluer les environnements alimentaires internes et externes, ainsi que les chaînes de valeur associées qui approvisionnent ces environnements en aliments riches en nutriments, auprès de sous-populations identifiées comme étant à risque de malnutrition en Ouganda.
Les premières données sur l’environnement alimentaire ont été collectées en novembre 2023, dans et autour de l’hôpital Mildmay à Kampala, en Ouganda. Mildmay Uganda est une organisation non gouvernementale fondée en 1998 et basée dans la capitale, spécialisée dans la prestation de services complets de prévention, de soins et de traitement du VIH et du sida.
La cartographie de l’environnement alimentaire a été réalisée dans un rayon d’un kilomètre autour de l’hôpital. Tous les points de vente d’aliments situés dans ce périmètre ont été recensés à l’aide d’une enquête d’observation, géolocalisés par GPS, et des photos des structures ou emplacements des vendeur.euse.s ont été prises, avec leur consentement.
Cette initiative, menée par cinq enquêteur.rice.s dévoué.e.s sur une période de sept jours, retrace une chronique dynamique. Débutant à l’aube (6h00) et s’étendant jusqu’à la nuit (22h00), la cartographie reflète la diversité des activités des commerçant.e.s, des étals de fruits et légumes du matin aux stands de restauration rapide en soirée.
Mais ce projet ne porte pas uniquement sur la cartographie de l’environnement alimentaire ; il vise aussi à comprendre les chaînes de valeur alimentaires durables. Une cartographie des marchés a également été réalisée dans les marchés de Seguku et de Kajjansi, qui sont des pôles importants d’approvisionnement pour les patient.e.s et les communautés. La collecte de données comprend des enquêtes auprès des consommateur.rice.s, des commerçant.e.s et des producteur.rice.s, avec la mobilisation de sept enquêteur.rice.s pour une enquête complète menée sur une période de 22 jours.
Figure 1. Carte des types de fournisseurs
Au cœur de cette initiative se trouve un effort collaboratif qui allie expertise en recherche et engagement communautaire, avec pour objectif ultime de repenser l’avenir de la nutrition en Ouganda. Le rôle de l’Alliance est de développer des outils, des indicateurs et des métriques pouvant être utilisés par d’autres partenaires pour évaluer les risques de malnutrition et analyser de manière globale le système alimentaire. Cela a conduit à la création de l’Indice des Environnements Alimentaires Sensibles à la Nutrition, dont nous espérons partager davantage dans une prochaine publication scientifique.
La cartographie des environnements alimentaires, telle que décrite dans ce blog, peut se faire en fonction d’un lieu — par exemple un centre de santé — en définissant un rayon, comme 1 km autour, mais aussi sous forme de recensement dans une région donnée ou auprès de communautés sélectionnées dans une zone administrative plus vaste. Le résultat est une carte qui permet de visualiser les typologies des différents points de vente, ce qu’ils proposent et comment ils sont répartis dans une zone géographique, comme illustré dans la Figure 1.
Une deuxième composante consiste à cartographier les infrastructures liées à l’alimentation. Cela inclut tout ce qui touche à l’alimentation, mais aussi à la santé et à l’eau : l’accès aux toilettes publiques, à l’eau potable, et toute forme de promotion liée à l’alimentation, comme les publicités. S’il existe des jardins publics, des espaces communautaires ou des arbres fruitiers publics, ils sont également cartographiés.
Enfin, la cartographie des marchés : il est très important de bien cartographier ces marchés, car un seul point peut regrouper plusieurs autres (comme des centres de collecte), ce qui rend la cartographie moins dense. Ces marchés jouent des rôles variés : on peut y trouver des produits vendus directement aux consommateur.rice.s, mais aussi à des intermédiaires qui achètent sur ce marché pour revendre ailleurs.
Ce parcours de recherche a été véritablement enrichissant, élargissant notre compréhension et nos connaissances dans la lutte contre la malnutrition. En fin de compte, cette recherche souligne l’importance cruciale de comprendre l’environnement alimentaire comme stratégie essentielle pour favoriser une société plus saine et mieux nourrie.
Une vendeuse de fruits et légumes sur la route de Wankulukuku, division de Ndejje, district de Wakiso.
Un vendeur de fruits et légumes sur la route de Wankulukuku, dans la division de Ndejje, district de Wakiso.


