Blog L’agriculture doit conserver sa place au sein de la CCNUCC. Mais la prochaine étape doit être celle de la mise en œuvre.
Alors que la SB64 touche à sa fin à Bonn, un message est clairement ressorti des premières discussions sur l’avenir du Groupe de travail conjoint de Charm el-Cheikh sur l’agriculture et l’alimentation (SJWA) : les pays continuent de considérer qu’il est essentiel de maintenir un espace dédié à la sécurité alimentaire dans le cadre de la CCNUCC. Dans le même temps, un sentiment fort s’est dégagé selon lequel ces travaux doivent désormais évoluer afin de traduire les recommandations passées en mesures concrètes et en actions sur le terrain.
Au cours de la dernière décennie, d’abord par le biais du Koronivia Joint Work on Agriculture (KJWA), puis aujourd’hui par le biais du SJWA, l’agriculture et la sécurité alimentaire se sont vu attribuer un espace dédié au sein de la CCNUCC où les pays peuvent discuter de la manière de mettre en place des systèmes agroalimentaires durables et résilients face au changement climatique. Dans le cadre d’une Convention où les priorités se font concurrence, cela ne doit pas être considéré comme acquis.
Il ne fait aucun doute que le travail conjoint a permis de maintenir l’agriculture au premier plan de l’ordre du jour des négociations sur le climat, mais les discussions à Bonn ont également clairement montré que la prochaine phase ne peut se limiter à une simple poursuite du processus tel qu’il se déroule aujourd’hui.
Le KJWA d’abord, puis le SJWA, ont tous deux formulé de précieuses recommandations pour accélérer les co-bénéfices de l’adaptation et de l’atténuation dans le secteur agricole, mais celles-ci ne se sont pas suffisamment traduites par une mise en œuvre sur le terrain. Le défi ne réside pas seulement dans le manque de ressources financières, qui restent limitées, mais aussi l’absence d’une vision commune de ce à quoi ressemble concrètement la mise en œuvre.
Une idée qui fait son chemin est que le prochain chapitre de la SJWA pourrait s’attacher à aider les pays à intégrer les recommandations de la KJWA et de la SJWA dans contributions déterminées au niveau national (CDN), les plans nationaux d’adaptation (PNA) et d’autres cadres de planification nationaux, afin de stimuler des actions concrètes sur le terrain et de tracer la voie vers leur mise en œuvre.
L’un des aspects les plus encourageants de ces discussions a sans doute été la prise de conscience que l’agriculture se situe au carrefour de multiples enjeux mondiaux, ainsi que le rôle que la prochaine version de la SJWA pourrait jouer pour mieux relier les agendas relatifs à la biodiversité, à la restauration des sols et au climat. Des approches plus intégrées pourraient aider les pays à identifier des synergies, à éviter les compromis et à générer simultanément de multiples bénéfices pour les populations et la planète.
C’est là que la science a un rôle essentiel à jouer. Qu’il s’agisse d’adaptation menée au niveau local ou de solutions intelligentes face au climat et positives pour la nature, les pays ont besoin de données factuelles, d’outils et de mécanismes d’échange de connaissances capables de les aider à prendre des décisions de plus en plus complexes et de soutenir une mise en œuvre à grande échelle. Cela revêt une importance particulière compte tenu des discussions souvent politiquement sensibles autour de l’adaptation et de l’atténuation dans le domaine agricole. Pour de nombreux pays, l’adaptation reste à juste titre la priorité immédiate, reflétant le principe des responsabilités communes mais différenciées et l’impératif de préserver la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance ruraux et le développement économique face à des impacts climatiques croissants.
Dans le même temps, la science démontre de plus en plus que la relation entre l’atténuation et la sécurité alimentaire ne doit pas nécessairement être un jeu à somme nulle. Avec des données, des technologies et des politiques adaptées, les pays peuvent s’engager sur des voies de développement qui renforcent la résilience et la productivité, consolident la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, tout en générant des avantages connexes en matière d’atténuation
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En fin de compte, préserver des sols sains, des paysages résilients et des systèmes agricoles productifs n’est pas simplement un objectif environnemental ; c’est une condition préalable à la prospérité et à la stabilité à long terme. Le changement climatique et la dégradation des sols ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. Si les systèmes agricoles viennent à échouer, les répercussions se feront sentir bien au-delà des pays les plus exposés, affectant la sécurité alimentaire, les économies et la stabilité à l’échelle mondiale.
Il ne s’agit pas ici de préserver un point à l’ordre du jour. Il s’agit de savoir si la CCNUCC peut aider les pays à transformer des années de discussions techniques en systèmes agricoles résilients, en sols sains et en moyens de subsistance sûrs.
Si l’action climatique ne fonctionne pas pour l’agriculture, elle a peu de chances de fonctionner pour les populations.
***Ce blog a été rédigé à la suite d’un atelier organisé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Fonds mondial pour la nature (WWF) et l’Alliance entre Bioversity International et le CIAT, qui s’est tenu lors de la SB64 le 8 juin 2026 et a réuni des négociateurs et des experts pour réfléchir à l’avenir du Travail conjoint de Charm el-Cheikh sur l’agriculture et la sécurité alimentaire (#SSJW). L’auteur tient également à remercier chaleureusement les partenaires et les participants qui ont consacré leur temps, apporté leurs idées et mis à disposition leur expertise lors des discussions qui ont nourri la rédaction de cet article.
Crédit photo de couverture : Climate Acceptance Studios
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The Alliance at the Bonn Climate Change Conference (SB64)