Blog Des racines à la résilience : BRAlNS entame sa deuxième année avec détermination et puissance

From roots to resilience - BRAINS cruises into year 2 with purpose and power

BRAINS entame sa deuxième année, réunissant 15 pays africains pour renforcer la résilience climatique grâce aux haricots, aux insectes utiles et aux arbres fruitiers — en amplifiant les innovations, en autonomisant les agriculteur.rice.s et en transformant l’agriculture en un mouvement numérique et inclusif.

Ce qui avait commencé comme une combinaison improbable de haricots, d’insectes utiles et d’arbres fruitiers s’épanouit aujourd’hui en l’une des transformations agricoles les plus innovantes d’Afrique subsaharienne, un puissant rappel que de petits débuts peuvent semer de grands changements.

À la fin de sa première année, le projet Building Equitable Climate Resilient African Bean & INsect Sectors ((BRAINS)), piloté par l’Alliance de Bioversity International et du CIAT à travers la Pan-Africa Bean Research Alliance (PABRA) et le Centre International de Physiologie et d’Écologie des Insectes (icipe), avait pris un élan considérable. Treize des quinze pays partenaires avaient déjà été intégrés pour repenser les systèmes agricoles grâce à un ensemble de technologies intelligentes face au climat. Avec l’intégration récente de la Guinée-Conakry et de Madagascar, les quinze pays de mise en œuvre participent désormais activement. BRAINS évolue aujourd’hui en un mouvement panafricain visant à renforcer la résilience climatique en intégrant les chaînes de valeur du haricot, des insectes utiles, de la gestion intégrée des ravageurs et des arbres fruitiers comme le manguier, les agrumes et l’avocatier, en promouvant des pratiques à faible émission de carbone, et en autonomisant les agricultrices, les agriculteurs et les jeunes.

Alors qu’il entre dans sa deuxième année, le projet affine son cap : stratégies consolidées, partenariats renforcés et accent mis sur la mise à l’échelle d’interventions éprouvées telles que les variétés de haricots résilientes au climat, les mouches soldats noires (Black Soldier Flies, BSF), la lutte antiparasitaire à base biologique et la numérisation des acteurs, créant un écosystème en ligne reliant les agriculteur.rice.s aux marchés, au financement et au savoir.

Transitions intelligentes face au climat : le Cameroun met en œuvre, la Zambie innove

Au Cameroun, l’initiative BRAINS est rapidement passée de la vision à l’action. Avec 33 sites de projet identifiés dès le départ, le pays a effectué un saut décisif, passant de la planification à une mise en œuvre à grande échelle. Soutenu par 18 organisations partenaires et quatre principaux acheteurs gérant 671 tonnes de production, avec des stratégies déjà en place pour étendre cette portée, le Cameroun intègre activement les technologies intelligentes face au climat dans ses pratiques agricoles et dans ses systèmes de marché.

From roots to resilience - BRAINS cruises into year 2 with purpose and power - Image 1

Insectes essentiels : les mouches soldats noires jouent un rôle clé dans la promotion de solutions intelligentes face au climat dans le cadre de l’initiative BRAINS

Plus de 2 370 agriculteur.rice.s ont déjà bénéficié d’interventions combinées à la fois pratiques et innovantes. Celles-ci incluent des variétés de haricots résilientes au climat, des systèmes de mouches soldats noires (BSF) pour le recyclage des déchets organiques et la fertilisation à base de frass, ainsi que l’utilisation de biopesticides et de la gestion intégrée des ravageurs. Les agriculteur.rice.s adoptent également l’apiculture, l’interculture d’arbres fruitiers, des solutions d’énergie renouvelable et des technologies post-récolte qui réduisent les pertes et augmentent les revenus.

Pendant ce temps, la Zambie trace activement sa propre trajectoire. Un regain d’intérêt de la part des femmes et des jeunes a apporté une énergie nouvelle au projet, transformant les exploitations agricoles en laboratoires vivants d’innovation et de résilience. La stratégie de la Zambie s’articule autour des variétés de haricots intelligentes face au climat et de l’utilisation du chaulage pour corriger l’acidité des sols et accroître la productivité. Cela est renforcé par des systèmes de cultures en bandes intégrant le pois d’Angole (pigeon pea) et le Gliricidia, qui améliorent la santé des sols tout en offrant des sources diversifiées de revenus et de nutrition. Grâce à cette combinaison de science et d’engagement communautaire, la Zambie ne se contente pas de restaurer ses sols, mais crée aussi des opportunités pour la prochaine génération, les femmes et les jeunes s’affirmant comme leaders de l’agriculture intelligente face au climat et de l’agro-entrepreneuriat.

From roots to resilience - BRAINS cruises into year 2 with purpose and power - Image 2

La représentante d’Affaires mondiales Canada (AMC), Alicia Sosa, visite un rucher appartenant à un.e agriculteur.rice zambien.ne lors de sa mission de février 2025.

.

From roots to resilience - BRAINS cruises into year 2 with purpose and power - Image 3

La Tanzanie se développe avec détermination

En Afrique de l’Est, la trajectoire de l’initiative BRAINS se déploie avec une ampleur impressionnante et une profondeur stratégique. La Tanzanie, par exemple, a réalisé de grands progrès au cours de sa première année, atteignant 93 184 producteur.rice.s de haricots – dont 47 % de femmes et 31 % de jeunes – un signe clair d’un mouvement inclusif et en expansion. Parallèlement, 597 producteur.rice.s d’avocats ont rejoint l’initiative, diversifiant encore le portefeuille national d’agriculture intelligente face au climat. Ce qui distingue la Tanzanie n’est pas seulement l’ampleur de la mobilisation, mais la précision de la mise en œuvre. Les ensembles de technologies agricoles intelligentes face au climat ne sont pas simplement introduits, mais intégrés de manière stratégique dans des systèmes agricoles holistiques. Les agriculteur.rice.s adoptent des modèles d’interculture associant avocatier, haricot et apiculture, transformant les petites exploitations en écosystèmes résilients et générateurs de revenus.

Cette transformation dépasse le cadre du champ. La Tanzanie a activement intégré six grandes entreprises agricoles, dont Rogimwa, BIVAC, Kanyomoza, Khebhanza, Kabuzi et Crop Bioscience. Ces partenariats renforcent la chaîne de valeur du semis jusqu’au marché, consolidant à la fois l’offre et la demande. En même temps, le pays se positionne comme un acteur majeur de l’agriculture régénératrice en promouvant la séquestration du carbone et la résilience climatique.

Rwanda et Malawi : de la précision au potentiel

Au sein de l’initiative BRAINS, le Rwanda et le Malawi tracent des trajectoires complémentaires : l’un se distingue par une mise en œuvre affinée et précise, l’autre par des débuts prometteurs. Pour le Rwanda, l’accent a été mis sur l’ajustement fin de la mise en œuvre afin d’assurer à la fois l’impact et la durabilité. Le pays a déployé un ensemble de technologies agricoles intelligentes face au climat adaptées, qui non seulement augmentent la productivité, mais protègent également les écosystèmes et la santé des agriculteur.rice.s. Parmi les principales innovations figurent l’utilisation de l’engrais issu du frass de mouches soldats noires (BSF) pour enrichir les sols, les biopesticides et pièges à phéromones pour une lutte écologique contre les ravageurs, ainsi que l’introduction du Brachiaria et du Desmodium pour améliorer le fourrage et protéger les sols. Cette attention portée aux détails reflète la capacité du Rwanda à croître avec rigueur, en produisant des résultats à la fois mesurables et responsables.

Pendant ce temps, le Malawi pose les bases de sa transformation, affichant un fort potentiel même à ce stade précoce. À ce jour, 389 agriculteur.rice.s ont été mobilisé.e.s autour de combinaisons socio-techniques émergentes axées sur l’intégration des BSF, des variétés de haricots résilientes au climat et des sous-projets liés au miel, qui soutiennent à la fois la pollinisation et la diversification des revenus. Si les chiffres restent modestes, l’ambition est grande. Le Malawi construit une base solide pour une agriculture durable, susceptible d’évoluer vers une plateforme dynamique de développement entrepreneurial et de renforcement de la résilience dans les années à venir.

Aube numérique : la vision de Pesira pour la deuxième année

Alors que BRAINS entre dans sa deuxième année, l’innovation numérique s’impose comme un pilier central. La start-up agri-fintech Pesira, basée au Kenya, est à l’avant-garde de ce mouvement, contribuant à la numérisation des chaînes de valeur agricoles dans les 15 pays du programme BRAINS. Les premiers déploiements sont en cours au Kenya, en Tanzanie, en République démocratique du Congo (RDC), en Ouganda, au Rwanda et au Malawi, avec d’autres à venir. Les outils de Pesira offrent un suivi en temps réel, des registres agricoles basés sur les données et une connectivité aux marchés, permettant aux agriculteur.rice.s – en particulier aux jeunes et aux femmes – d’accéder à des microcrédits, à des assurances et à des marchés formels.

 

From roots to resilience - BRAINS cruises into year 2 with purpose and power - Image 4

Le directeur général de Pesira, Musengi, souligne l’importance de relier les agriculteur.rice.s aux opportunités grâce à la technologie.

Pesira intégrera des outils numériques en temps réel dans l’initiative BRAINS afin de numériser les chaînes de valeur agricoles, en apportant traçabilité, efficacité et transparence aux filières des haricots, des arbres fruitiers, des insectes et des produits connexes. Ces outils relient les agriculteur.rice.s, les collecteur.rice.s et les commerçant.e.s à des systèmes basés sur les données qui améliorent la productivité et l’accès aux marchés. Les principaux efforts portent sur le suivi et l’évaluation en temps réel pour mesurer l’adoption des technologies intelligentes face au climat, évaluer les impacts sur les revenus et orienter les stratégies. Pesira numérise également les registres agricoles pour élargir l’accès inclusif aux marchés et aux services financiers, facilitant ainsi les microcrédits, les assurances et le commerce formel pour les petit.e.s exploitant.e.s, en particulier les femmes, les jeunes et les groupes marginalisés.

« Nous créons des passerelles permettant aux agriculteur.rice.s de se connecter aux marchés, au financement et au savoir, en utilisant la technologie comme levier de résilience et de prospérité », a déclaré Penny Musengi, directrice générale et fondatrice de Pesira.

De l’élan au mouvement

From roots to resilience - BRAINS cruises into year 2 with purpose and power - Image 5

Les partenaires du projet BRAINS lors de l’atelier de revue de la première année à Kampala, en Ouganda, en août 2025.

 

La première année du projet BRAINS a posé une base solide ; la deuxième marque une phase d’ascension. Avec une appropriation croissante par les pays, une accélération de la transformation numérique et une forte coalition de partenaires publics et privés, l’initiative dépasse désormais le cadre d’un simple effort d’agriculture intelligente face au climat pour devenir un modèle continental d’agriculture durable et inclusive. Ce qui semblait autrefois une combinaison improbable de haricots, d’insectes et d’arbres fruitiers est aujourd’hui un symbole fort d’innovation, de résilience et d’ingéniosité africaine.

Warren Arinaitwe, chef de projet au nom de l’Alliance de Bioversity International et du CIAT, a insisté sur le renforcement de la collaboration, soulignant la nécessité d’un engagement actif du secteur privé pour générer un impact durable. Il a également appelé à intensifier les partenariats avec les ONG, les organisations communautaires et d’autres acteur.rice.s clés afin d’élargir la portée du projet et de garantir un développement inclusif. Il a déclaré :

« Les questions soulevées lors de nos échanges ne sont pas des obstacles, mais des tremplins destinés à consolider notre partenariat de travail. Ce qui est clair, c’est que nous ne pouvons pas aller de l’avant sans un engagement actif du secteur privé. »

Ayuka Fombong, co-responsable du projet à l’icipe, a salué les progrès réalisés ainsi que la solidité des efforts de mise en réseau, soulignant des avancées significatives dans la priorisation des interventions et l’élargissement de la portée du projet.

« Il y a eu une compréhension profonde du projet, ce qui est à la fois encourageant et inspirant », a-t-il déclaré.

Fombong a également insisté sur l’importance d’accroître l’engagement du secteur privé, d’impliquer davantage les jeunes et de promouvoir des approches innovantes pour la suite du programme.

Jean Claude Rubyogo, responsable du programme haricot et directeur du PABRA, a mis en avant la nécessité d’aligner les efforts de développement sur les besoins des communautés et les attentes des parties prenantes. « Ce projet s’inscrit parfaitement dans la vision d’Affaires mondiales Canada (AMC) en Afrique, soutient la croissance économique, l’éradication de la pauvreté, l’entrepreneuriat et l’adaptation climatique. Mais pour réussir, nous devons impliquer à la fois le secteur privé et les gouvernements », a-t-il précisé.

Le Dr Subramanian Sevgan, représentant la direction de l’icipe, a déclaré : « Nous devons continuer à bâtir sur cette dynamique. Grâce à AMC, cette collaboration a pris forme. Au départ, nous manquions de compréhension mutuelle, mais à mesure que nous avançons, nous commençons à mieux saisir les forces et les faiblesses de chacun. Efforçons-nous de nous concentrer sur nos forces et de véritablement travailler ensemble comme une seule équipe. »

Autrefois considérée comme une idée atypique, l’initiative BRAINS est devenue un modèle puissant d’innovation africaine et de résilience climatique. En combinant science, engagement communautaire et outils numériques, elle transforme l’agriculture et améliore les conditions de vie. Alors qu’elle entame sa deuxième année, BRAINS évolue d’un projet à un mouvement continental, porté par l’innovation, l’équité et la promesse du potentiel agricole africain.