Blog Leçons tirées de la Semaine d’action climatique de Londres : passer à l’échelle grâce aux partenariats
Nos collègues viennent de conclure une semaine formidable à Londres, au cours de laquelle ils ont présenté les travaux scientifiques d’Alliance à un large éventail de partenaires issus de secteurs allant de la finance à l’industrie agroalimentaire, notamment Danone, BNP Paribas, Project Dandelion, le ministère de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales (Defra) du gouvernement du Royaume-Uni, et Food Tank.
Nous disposons de données probantes qui font leurs preuves, alors pourquoi ne sont-elles pas encore généralisées ? C'est une question pertinente, et la science des systèmes alimentaires et fonciers apporte enfin une réponse convaincante.
Concentrons-nous sur trois exemples que nos collègues ont présentés lors de la Semaine de l'action pour le climat de Londres.
1) Renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement face aux chocs grâce à la Climate Resilience Platform : développée en collaboration avec PepsiCo et s’étendant à des entreprises telles qu’Olam Agri. Les petits exploitants agricoles produisent environ un tiers de la nourriture mondiale, mais ne reçoivent que moins de 1 % des financements mondiaux liés au climat : un écart qui persiste en grande partie parce que les risques climatiques pesant sur les cultures, les sols et les paysages sont bien plus difficiles à percevoir pour les investisseurs que les risques pesant sur les infrastructures physiques. La plateforme comble ce manque de visibilité en fournissant aux entreprises et aux investisseurs les outils nécessaires pour évaluer les risques climatiques pesant sur leurs chaînes d’approvisionnement et prendre les mesures qui s’imposent. Il s’agit, en effet, de données conçues pour être exploitées par les services financiers ou d’approvisionnement
2) Reconstruction en Syrie : Après plus d’une décennie de conflit, la reconstruction du système alimentaire est un processus complexe, essentiel à la consolidation de la paix. Nos recherches montrent qu’une planification du relèvement tenant compte à la fois des enjeux climatiques et des enjeux liés aux conflits permettra aux communautés de rétablir la cohésion sociale tout en reconstruisant leurs moyens de subsistance. Dans les contextes fragiles, les systèmes alimentaires peuvent être soit un facteur d’instabilité, soit un pilier du relèvement : les données disponibles indiquent aux décideurs quels choix favorisent cette dernière option.
3) Restaurer la biodiversité indigène avec MyFarmTrees : cette plateforme confie directement la restauration des paysages aux agriculteurs qui effectuent les plantations, en utilisant des outils numériques pour suivre et vérifier l’impact en temps réel. Ce modèle montre ce qui se passe lorsque les personnes qui restaurent les terres sont également celles qui disposent des données, de la voix et de la capacité d’action nécessaires pour déterminer comment la restauration est financée et mise en œuvre à grande échelle.
Dans chacun de ces trois cas, la science n’a eu un véritable impact qu’une fois qu’elle a rencontré un partenaire capable de la déployer à grande échelle : une communauté, une entreprise, une coalition de financement. C’est la leçon que Londres m’a permis de mieux comprendre, et elle est au cœur de la stratégie que nous y avons lancée : l’Alliance n’agit pas seule, et le monde ne peut se permettre que des solutions comme celles-ci restent à petite échelle.
Le problème, c'est le capital, pas les preuves
Nous avons besoin d’une architecture de financement permettant d’adapter les modèles éprouvés à l’échelle requise par la crise climatique. Cela implique de traiter les actifs naturels — cultures, sols, biodiversité, paysages — avec la même rigueur que celle dont font déjà preuve les investisseurs vis-à-vis des actifs physiques. Cela signifie également de traduire les données scientifiques en formats que les équipes financières puissent prendre en compte. Combler cet écart n’est pas un coût à absorber, mais un rendement à capter : des systèmes alimentaires résilients atténuent les chocs qui se répercutent en conflits, en déplacements de populations et en instabilité économique pour tous ceux qui se trouvent en aval.
Ce que nous demandons aux responsables du monde de la finance, du secteur privé et du secteur philanthropique
Misez sur ce qui a déjà fait ses preuves. La Syrie, MyFarmTrees et la Climate Resilience Platform sont des modèles opérationnels prêts à accueillir davantage de partenaires et de capitaux.
Financer la « couche de traduction ». C’est dans le fossé entre la science de qualité et les données probantes exploitables à des fins d’investissement que se perd actuellement la majeure partie de l’impact potentiel. Combler ce fossé constitue l’un des investissements les plus rentables dans ce domaine.
Concevoir des partenariats avec les communautés qui sont au cœur de ces systèmes. Les données sont sans appel : les solutions résistent aux chocs lorsque les personnes les plus proches du terrain ont véritablement leur mot à dire sur la manière dont elles sont mises en place et déployées à plus grande échelle.
Notre appel à l'action en faveur d'une science fondée sur le partenariat
Les données scientifiques existent, les modèles existent. La London Climate Action Week a clairement montré que les partenariats capables de les mettre en œuvre à grande échelle sont à notre portée.
C’est pourquoi nous avons également saisi l’occasion, à Londres, de présenter la nouvelle stratégie de l’Alliance, un cadre complet qui concentre notre mission sur la production de connaissances scientifiques à fort impact en collaboration avec un large éventail de parties prenantes.
L’accent est mis sur :
- Donner la priorité aux défis qui comptent le plus pour les personnes et la planète.
- Transformer les connaissances scientifiques en solutions concrètes et en opportunités d’investissement.
- Amplifier l’impact grâce à des partenariats qui relient la science, la finance, les politiques publiques et l’action locale.
Je me réjouis de vous en dire plus sur notre vision d’un « avenir résilient » dans les semaines à venir.
Crédit photo de couverture : Shai Dolev