Press and News Percée colombienne dans l’élevage durable : une étude pionnière estime les émissions de carbone liées à la génétique bovine

Colombian breakthrough in sustainable livestock farming: pioneering study estimates carbon emissions from bovine genetics - Alliance Bioversity International and CIAT
  • Des scientifiques de l'Alliance de Bioversity International et du Centre international d'agriculture tropicale (CIAT), en collaboration avec Hacienda San José (HSJ) dans le département de Vichada, ont développé une méthodologie pionnière pour estimer les émissions de gaz à effet de serre associées aux ressources génétiques bovines - une composante qui était jusqu'à présent restée invisible dans les analyses de l'empreinte carbone de l'élevage.
  • L'étude, publiée dans la prestigieuse revue The International Journal of Life Cycle Assessment, démontre que la race Nelore à cycle court utilisée à HSJ émet jusqu'à 17 % de gaz à effet de serre en moins par kilogramme de poids vif que les bovins Brahman conventionnels, en raison de sa croissance accélérée et de ses performances en matière de reproduction.
  • Ce résultat complète l'étude publiée en 2022 par la même équipe, qui concluait que la gestion intégrée des pâturages améliorés dans les savanes tropicales peut compenser jusqu'à trois fois les émissions générées par les bovins.

Un partenariat de plus de six ans entre la science et le secteur de l’élevage continue de produire des résultats dans la région de l’Orénoquie colombienne. Dans une avancée pionnière à l’échelle mondiale, des chercheur.e.s de l’Alliance de Bioversity International et du CIAT et de Hacienda San José ont réussi à estimer, avec un haut degré de précision, les émissions de gaz à effet de serre (GES) associées aux ressources génétiques bovines, un facteur qui n’avait jamais été intégré dans les modèles traditionnels d’analyse du cycle de vie (ACV).

Les ressources génétiques bovines représentent le « capital génétique » du secteur de l’élevage : les caractéristiques héritées qui déterminent la manière dont les animaux grandissent, produisent et s’adaptent à leur environnement. Ces ressources comprennent les paillettes de semence, les embryons et les animaux reproducteurs. Bien qu’elles constituent le point de départ de toute la chaîne de production, la quantité de CO₂ générée par leur production n’avait jusqu’à présent jamais été quantifiée.

Chiffres auparavant indisponibles

Publiée dans The International Journal of Life Cycle Assessment, l’étude présente une nouvelle méthode d’allocation biophysique qui répartit les émissions entre les différents produits générés dans une exploitation bovine, notamment les veaux, les génisses, les taureaux reproducteurs et les animaux de réforme, en fonction de leurs besoins énergétiques et de leurs stades de croissance. Cette méthode permet un calcul beaucoup plus juste et plus précis que les méthodologies traditionnelles.

En outre, l’étude révèle pour la première fois que la production d’un seul embryon bovin peut générer jusqu’à 37,5 kg d’équivalent CO₂, tandis qu’une paillette de semence peut générer jusqu’à 1,2 kg d’équivalent CO₂.

La génétique d'élite comme outil climatique

L’un des résultats les plus significatifs de l’étude est que la race Nelore à cycle court utilisée à HSJ émet 17 % de gaz à effet de serre en moins par kilogramme de poids vif que les bovins Brahman conventionnels. Toutefois, cette performance ne peut pas être entièrement attribuée à la génétique : elle résulte d’un système de production intégré qui combine une génétique d’élite, le pâturage tournant et des pâturages améliorés adaptés aux besoins nutritionnels des animaux.

« Cette méthodologie arrive à un moment crucial pour le secteur de l’élevage, qui fait face à une pression croissante pour réduire ses émissions et démontrer ses performances en matière de durabilité. L’outil permettra aux centres de sélection, aux associations d’éleveur.euse.s et aux entreprises de production de déclarer leur empreinte carbone avec plus de précision, de différencier les races bovines présentant de meilleures performances climatiques et de concevoir des programmes d’amélioration génétique capables d’accélérer la transition vers des systèmes d’élevage plus durables et plus compétitifs. En outre, cette étude démontre que l’utilisation de ressources génétiques améliorées, à la fois pour les pâturages et les races bovines, peut accroître la productivité des exploitations tout en réduisant simultanément les émissions de carbone. En intégrant ces ressources dans l’analyse du cycle de vie, nous améliorons notre manière de comprendre et de mesurer l’impact climatique de la production animale », a déclaré Jacobo Arango, responsable du programme Fourrages tropicaux à l’Alliance de Bioversity International et du CIAT.

Un partenariat qui continue à produire des résultats

Cette avancée s’appuie sur l’étude publiée en 2022 dans Frontiers in Climate, qui concluait que les pâturages améliorés (Urochloa humidicola) dans les savanes tropicales du Vichada peuvent séquestrer jusqu’à 2,5 tonnes de CO₂ par hectare et par an, compensant jusqu’à trois fois les émissions générées par les bovins eux-mêmes.

« La collaboration entre l’industrie et la science est essentielle pour quantifier de manière transparente, directement sur le terrain, les bénéfices climatiques des investissements dans l’élevage durable. Cette étude, en particulier, nous a permis d’identifier des races intelligentes face au climat, telles que le Nelore à cycle court certifié utilisé dans notre ferme, qui produit jusqu’à 17 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins que les bovins Brahman grâce à sa croissance accélérée et à ses performances reproductives. À Hacienda San José, nous adoptons une approche holistique de la durabilité qui inclut le bien-être animal, la préservation des forêts natives et des zones humides, l’élimination du brûlage annuel de la savane, ainsi que l’engagement auprès des communautés locales à travers des programmes axés sur le genre et l’éducation », a déclaré Gabriel Jaramillo, directeur de Hacienda San José.

 

Une contribution colombienne à l'agenda climatique mondial

À l'heure où la réduction des émissions du secteur de l'élevage est une priorité mondiale pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris, cette méthodologie fournit un outil robuste et reproductible qui peut être adopté par les centres de sélection, les associations d'éleveurs et les entreprises de production du monde entier pour concevoir des stratégies d'amélioration génétique présentant d'emblée des avantages pour le climat.

 

Lire l'article

Matiz-Rubio, N., Ruden, A., González-Quintero, R. et al. Toward climate-smart beef cattle : quantifying emissions from genetic resources. Int J Life Cycle Assess 31, 45 (2026). https://doi.org/10.1007/s11367-026-02572-w

À propos de Hacienda San José

Hacienda San José est une entreprise d’élevage durable reconnue pour son efficacité, fondée sur l’utilisation et les meilleures pratiques de gestion des pâturages tropicaux améliorés, de la nutrition bovine, de la gestion du pâturage, de la génétique Nelore à cycle court et du bien-être animal. L’entreprise propose un ensemble technologique rentable qui sert de plateforme aux petit.e.s, moyen.ne.s et grand.e.s producteur.rice.s d’élevage dans les Llanos colombiens et dans le reste du pays.

À propos de l’Alliance de Bioversity International et du CIAT

L’Alliance de Bioversity International et du Centre international d’agriculture tropicale (CIAT) fournit des solutions fondées sur la recherche qui exploitent la biodiversité agricole et transforment durablement les systèmes alimentaires afin d’améliorer la vie des populations. Les solutions de l’Alliance répondent aux crises mondiales liées à la malnutrition, au changement climatique, à la perte de biodiversité et à la dégradation de l’environnement. L’Alliance fait partie du CGIAR, un partenariat mondial de recherche pour un avenir marqué par la sécurité alimentaire.

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