Blog La banque de gènes de l'Alliance en Colombie atteint son objectif de conservation avec un envoi vers Svalbard
La banque de gènes du CGIAR à Cali, en Colombie, a franchi une étape importante en février en envoyant des duplicatas de sécurité des accessions de haricots vers le Svalbard Global Seed Vault en Norvège.
Le Directeur Général de l'Alliance, Juan Lucas Restrepo, a rejoint 60 représentant.e.s de banques de gènes, le Premier ministre de la Norvège et plusieurs défenseur.e.s des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies à Svalbard pour recevoir officiellement l'envoi et le consigner dans la chambre forte. Crédit : Centre Nordique de Ressources Génétiques.
25 février, îles Svalbard, Norvège – Les caisses arrivées au Svalbard Global Seed Vault en provenance de Colombie faisaient partie d’un nombre record d’échantillons envoyés du monde entier. En fournissant 904 accessions de haricots, la banque de gènes de Cali a atteint l'objectif du CGIAR de disposer de deux copies de sauvegarde pour 90 % des presque 38 000 accessions de haricots dans deux endroits géographiquement éloignés. Les autres duplicatas de sécurité sont conservés au Centre international pour l'amélioration du maïs et du blé (CIMMYT) au Mexique.
« Cet envoi marque la réalisation de l'objectif de performance de la plateforme des banques de gènes du CGIAR en matière de duplication de sécurité », a déclaré Juan Lucas Restrepo, Directeur Général de l'Alliance de Bioversity International et du Centre International pour l'Agriculture Tropicale (CIAT).
Restrepo a rejoint 60 représentant.e.s de banques de gènes, le Premier ministre de la Norvège et plusieurs défenseur.e.s des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies à Svalbard le 25 février pour recevoir officiellement l’envoi et le consigner dans la chambre forte. Le Svalbard Seed Vault ouvre ses portes quelques fois par an pour recevoir des dépôts, et ce dépôt de février devrait être le plus important de son histoire avec plus de 60 000 nouveaux duplicatas d'échantillons de graines déposés par 35 banques de gènes.
« La société doit davantage reconnaître l’importance cruciale des efforts déployés par les 'banquier.ère.s de gènes' pour sauvegarder la biodiversité agricole et garantir son utilisation par les générations actuelles et futures. Notre alimentation en dépend de manière significative », a ajouté Restrepo.
Le Svalbard Seed Vault est géré par le Centre Nordique de Ressources Génétiques, ou NordGen, en étroite collaboration avec le Ministère norvégien de l'Agriculture et de l'Alimentation et le Crop Trust.
Financement à perpétuité
Cinq grandes boîtes de graines ont été expédiées de la banque de gènes de l'Alliance à Cali vers le Svalbard Seed Vault. En plus des haricots, l'envoi comprenait 366 accessions de fourrages tropicaux, comprenant des graines de graminées, d'arbustes et d'arbres consommés par le bétail. Crédit : Alliance de Bioversity International et CIAT/S. Mattson.
Les autorités colombiennes ont inspecté l'envoi de cinq grandes boîtes de graines avant de les expédier dans un camion DHL pour un voyage de cinq jours, passant par sept aéroports, vers la chambre forte dite de « l'Apocalypse », située au nord du cercle polaire arctique, à environ 10 000 km de la banque de gènes de l'Alliance en Colombie. Outre les haricots, l'envoi comprenait 366 accessions de fourrages tropicaux, comprenant des graines de graminées, d'arbustes et d'arbres consommés par le bétail.
« Cet envoi marque le début d'une année historique pour la banque de gènes », a déclaré Peter Wenzl, responsable du programme de ressources génétiques de la banque de gènes de Colombie, qui s'attend à ce que l'installation atteigne tous les objectifs de performance du CGIAR cette année.
Plus de 90 % des accessions de haricots, de fourrages et de manioc (conservés sous forme de graines et de plantules in vitro, dans le cas du manioc) devraient être dupliquées en toute sécurité et disponibles pour une distribution mondiale d'ici la fin de l'année. Les objectifs de disponibilité des données et des normes opérationnelles devraient également être atteints en 2020.
Atteindre ces objectifs garantit un financement à perpétuité du Crop Trust pour les opérations de la banque de gènes. « Tout cela marque la fin d'une période historique pour la banque de gènes », a déclaré Wenzl. « Nous entrons maintenant dans la phase suivante. »
L'autre banque de gènes de l'Alliance, le Centre International de Transit du Germoplasme de Musa, abrite la plus grande collection mondiale de germoplasme de bananes. La collection, hébergée à la Katholieke Universiteit Leuven (KU Leuven) en Belgique, contient plus de 1 500 accessions d'espèces comestibles et sauvages de bananiers, conservées in vitro dans des conditions de croissance lente à 16 °C. Pour des raisons de sécurité, des échantillons sont également congelés à -196 °C, la température de l'azote liquide, dans un processus appelé cryoconservation. Cela signifie que le matériel peut être conservé indéfiniment et ravivé en plantes entières de bananiers si nécessaire.
L'avenir, c'est maintenant
Archipel du Svalbard, Norvège – Le Svalbard Seed Vault est situé profondément à l'intérieur d'une montagne sous le pergélisol, sur une île isolée, à mi-chemin entre la Norvège continentale et le pôle Nord. Il s'agit du dépôt mondial de secours permanent pour plus d'un million de graines provenant des cultures du monde entier. Crédit : Crop Trust.
Future Seeds, qui remplacera le bâtiment actuel de la banque de gènes, est prévu pour être achevé cette année et aidera à inaugurer une nouvelle phase de recherche pour les collections de germoplasme de l'Alliance en Colombie.
La priorité initiale de la banque de gènes était de constituer et de conserver des collections viables à perpétuité, afin qu'elles soient disponibles pour les générations actuelles et futures de scientifiques, agriculteur.rice.s et consommateur.rice.s. Maintenant que les collections sont conservées en toute sécurité à long terme, la banque de gènes peut commencer à mettre davantage l'accent sur l'accès des utilisateur.rice.s aux accessions en enrichissant les collections d'informations exploitables. De cette manière, les sélectionneur.euse.s et les chercheur.eure.s peuvent choisir les accessions de manière plus ciblée pour développer des variétés riches en nutriments face aux conditions climatiques changeantes.
« Chaque fois qu'un nouveau défi apparaît – disons une nouvelle maladie des cultures – nous pouvons aller dans la banque de gènes et trouver généralement une solution », a déclaré Wenzl. « Mais cela est réactif. Désormais, nous pouvons être beaucoup plus proactif.ve.s et commencer à explorer la collection pour y trouver des traits utiles en utilisant les meilleures technologies disponibles pour le faire à grande échelle et de manière rentable. »
Le composant « banque de gènes numérique » de Future Seeds sera au cœur de ces efforts.
« Nous pouvons à peu près anticiper ce qui se passera dans les 20 prochaines années en termes de nutrition et de changement climatique, et nous concentrer sur le développement et la diversification des cultures pour ces scénarios », a-t-il ajouté. « Cela doit bien sûr se faire dans les limites de nos ressources planétaires, donc nous ne pouvons pas oublier d'améliorer la productivité et la résistance aux maladies en même temps. »
« Le fait que nous allons encourager une utilisation plus large des collections que nous conservons en fiducie ne signifie pas que nous allons oublier la conservation », a précisé Wenzl.
Future Seeds aura une plus grande capacité que la banque de gènes actuelle, ce qui en fera une destination possible pour les duplicatas de sécurité d'autres collections, provenant de banques de gènes internationales ou nationales, ou de banques communautaires de semences. Situé au cœur d'un hotspot mondial de la biodiversité, Future Seeds continuera à placer l'Alliance de Bioversity International et le CIAT à l'avant-garde de la conservation des ressources génétiques.
En collaboration avec : la Coopération belge au développement, le Jardin botanique de Meise, Crop Trust, GIZ, KU Leuven..
Cette recherche est menée dans le cadre de la CGIAR Genebank Platform et est soutenue par les contributeurs au CGIAR Trust Fund.