Blog De l'appui aux projets à l'appropriation institutionnelle des services climatologiques

From project support to institutional ownership of climate services

Le projet ECREA transforme le fonctionnement des services climatiques en Afrique de l'Est en faisant passer le système de prévisions techniques isolées à un modèle de service public coordonné dans lequel les agences météorologiques et les institutions agricoles produisent et fournissent conjointement des informations climatiques que les agriculteurs peuvent comprendre, auxquelles ils peuvent faire confiance et qu'ils peuvent utiliser pour améliorer leurs décisions saisonnières.

 

Dans toute l'Afrique de l'Est, les services climatiques occupent une place de plus en plus centrale dans la prise de décision agricole. Pourtant, pendant de nombreuses années, les systèmes d'information climatique et les services de conseil agricole ont fonctionné en grande partie en parallèle. Les agences météorologiques produisaient des prévisions, tandis que les systèmes de vulgarisation agricole se concentraient sur les conseils en matière de gestion des cultures. En l'absence d'une solide coordination entre ces institutions, les informations climatiques restaient souvent déconnectées des décisions que les agriculteurs devaient prendre dans leurs champs.

Au fur et à mesure que la variabilité du climat s'accroît dans la région, il devient essentiel de renforcer les systèmes institutionnels qui relient la science du climat aux services de conseil agricole.

Le projet Enhancing Climate Change Resilience in East Africa (ECREA) relève ce défi en renforçant la collaboration entre les services météorologiques, les institutions de recherche agricole, les systèmes de vulgarisation et les gouvernements locaux en Ouganda, au Kenya, en Tanzanie et au Rwanda.

Mis en œuvre par l'alliance de Bioversity International et du CIAT, il travaille en étroite collaboration avec les systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA), Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN), et des partenaires régionaux tels que le Centre de prévision et d'applications climatiques de l'IGAD (ICPAC). Ces partenariats rassemblent des institutions chargées de produire, d'interpréter et de diffuser des informations climatiques au sein des systèmes nationaux de conseil agricole.

Plutôt que d'introduire des structures de projet parallèles, il s'est concentré sur le renforcement des systèmes institutionnels existants afin que les informations climatiques puissent passer plus efficacement des agences de prévision aux institutions de recherche agricole, aux services de vulgarisation et, en fin de compte, aux agriculteurs.

En Ouganda, la collaboration entre le Département des services météorologiques et l'Organisation nationale de recherche agricole (NARO) illustre la manière dont ces partenariats renforcent la fourniture de services climatiques.

Dr. Isaac Mugume, commissaire adjoint pour les services de prévision météorologique au sein du département des services météorologiques du ministère ougandais de l'eau et de l'environnement, explique comment la collaboration a renforcé la pertinence de l'information climatique pour l'agriculture.

"Notre mandat est de fournir des services d'information climatique pour différents secteurs, y compris l'agriculture, qui est l'épine dorsale de notre pays. Grâce au projet ECREA, nous avons renforcé la coproduction d'informations climatiques avec des partenaires agricoles, ce qui nous permet de créer des services d'information climatique sur mesure pour des zones agricoles spécifiques.

Avant le début du projet, les agences météorologiques faisaient face à d’importants défis pour communiquer les informations climatiques de manière compréhensible et crédible pour les agriculteur.rice.s. Les prévisions climatiques étaient souvent perçues comme techniques et difficiles à interpréter, limitant ainsi leur utilisation dans les prises de décision agricoles.

Grâce à des processus de co-construction et à une collaboration étroite entre les services météorologiques, les chercheur.e.s agricoles, les agent.e.s de vulgarisation et les partenaires de communication, le projet a contribué à réduire cet écart en améliorant la manière dont les informations climatiques sont interprétées et transmises aux communautés agricoles.

Selon le Dr Mugume, cette évolution a entraîné un changement notable dans la manière dont les agriculteur.rice.s utilisent les services climatiques.

« Nous recevons désormais des appels téléphoniques et des messages des agriculteur.rice.s lorsqu’une prévision accuse ne serait-ce qu’un ou deux jours de retard. Les communautés réclament les informations climatiques parce qu’elles en perçoivent la valeur. »

Cette demande croissante reflète une transformation institutionnelle plus profonde. Les informations climatiques sont de plus en plus considérées non plus simplement comme des produits de conseil, mais comme un service public essentiel soutenant la planification agricole et la gestion des risques climatiques.

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Utoni Nkokelo du TARI examine les registres d’un agriculteur lors d’une visite de terrain visant à soutenir une prise de décision fondée sur les informations climatiques.

La collaboration entre les agences météorologiques et les systèmes nationaux de recherche agricole a également renforcé l’application concrète des informations climatiques au sein des systèmes agricoles. George William, assistant de recherche à l’Organisation nationale de recherche agricole (NARO) travaillant dans les zones de production de haricots en Ouganda, explique comment ce partenariat a amélioré les services de conseil agricole.

« Avant le projet, les agriculteur.rice.s avaient un accès limité aux informations pouvant guider leurs décisions, notamment sur les périodes de semis ou de récolte. Grâce à la collaboration entre le NARO et le Département des services météorologiques, les agriculteur.rice.s reçoivent désormais des prévisions qui les aident à planifier leurs activités agricoles tout au long de la saison », explique George William Chiwan, assistant de recherche au sein de l’Organisation nationale de recherche agricole.

Les prévisions saisonnières, ainsi que les prévisions à plus court terme comme celles sur six heures ou dix jours, aident désormais les agriculteur.rice.s à prendre des décisions plus éclairées concernant les dates de semis, les pratiques de gestion des cultures et les calendriers de récolte.

Les chercheur.e.s utilisent également les informations climatiques pour orienter leurs recommandations sur les variétés de cultures les mieux adaptées aux conditions saisonnières attendues.

Des collaborations similaires entre agences météorologiques et institutions de recherche agricole émergent également ailleurs dans la région. Mpoki Mathew Shimwela, directeur du centre du Tanzania Agricultural Research Institute (TARI) à Maruku, Bukoba, souligne l’importance de ce partenariat :

« Grâce au projet ECREA, les chercheur.e.s ont acquis des connaissances précieuses sur la manière d’interpréter et d’utiliser les informations météorologiques pour l’agriculture. La collaboration entre le TARI et l’Autorité météorologique de Tanzanie a renforcé notre capacité à traduire les prévisions climatiques en recommandations pratiques soutenant les décisions des agriculteur.rice.s. »

La coordination institutionnelle a également amélioré les canaux par lesquels les informations climatiques parviennent aux communautés agricoles. Les agent.e.s de vulgarisation, les organisations de producteur.rice.s, les partenaires médiatiques et les plateformes numériques de communication jouent désormais un rôle important dans l’interprétation des prévisions et leur diffusion dans des langues locales facilement compréhensibles par les agriculteur.rice.s.

Des collaborations institutionnelles similaires soutenues par le projet renforcent également la fourniture de services climatiques au Kenya, au Rwanda et en Tanzanie. À travers la région, les agences météorologiques, les institutions de recherche agricole et les systèmes de vulgarisation travaillent de plus en plus étroitement afin de garantir que les prévisions climatiques soient traduites en conseils agricoles concrets et directement applicables.

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Le renforcement des capacités des médias à travers des collaborations stratégiques améliore la qualité et la portée des informations climatiques.

Malgré ces progrès, des lacunes subsistent pour assurer un accès inclusif aux informations climatiques. Certains groupes, notamment les personnes handicapées et les agriculteurs ayant un accès limité aux technologies de communication, peuvent encore se heurter à des obstacles dans la réception des avis climatiques.

Conscient de ces défis, le projet ECREA a encouragé les institutions partenaires à renforcer les considérations d'égalité des sexes et d'inclusion sociale (GESI) dans la fourniture de services climatiques. Les partenaires de communication adoptent de plus en plus des approches de diffusion inclusives, y compris des émissions en langue locale, des messages vocaux et des plateformes d'engagement communautaire qui contribuent à assurer un accès plus large aux informations climatiques.

A travers le projet ECREA, qui fait partie du programme WISER soutenu par le UK International Development, les investissements du Met Office dans la collaboration institutionnelle, la capacité technique et les systèmes de communication ont contribué à faire évoluer la fourniture de services climatiques d'une communication fragmentée vers des systèmes de services publics coordonnés.

La transformation de la prévision au terrain a commencé. Le défi à venir est de s'assurer que les services climatiques restent inclusifs, réactifs et pleinement intégrés dans les systèmes agricoles et météorologiques nationaux afin que les agriculteurs d'Afrique de l'Est puissent continuer à accéder aux informations dont ils ont besoin pour gérer les risques climatiques et renforcer la résilience de l'agriculture.

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