From the Field Des agriculteur.rice.s ougandais.e.s apprennent auprès des banques de semences communautaires dans l’ouest du Kenya
Un échange d’apprentissage au Kenya a inspiré des agriculteur.rice.s ougandais.e.s : en intégrant une banque de semences communautaire, une agriculture diversifiée, des activités de valorisation et la fierté culturelle, les communautés peuvent bâtir un avenir durable en valorisant leurs cultures négligées et sous-utilisées.
Des agriculteur.rice.s issus des banques de semences communautaires de Masindi et Hoima, en Ouganda, préservent des semences indigènes à la fois pour la survie et pour l’héritage culturel. Afin de renforcer leurs activités et de s’inspirer d’expériences réussies sur le terrain, iels ont récemment traversé la frontière dans le cadre d’un échange d’apprentissage à Kisumu, au Kenya. Iels ont été accueilli.e.s par leurs pair.e.s des banques de semences communautaires de Kabudi-Agoro, Lower Nyando et Vihiga, à l’occasion de l’atelier final du projet sur les espèces négligées et sous-utilisées (NUS), soutenu par le ministère de l’Agriculture, de la Nature et de la Qualité alimentaire du Royaume des Pays-Bas et le Fonds de partage des avantages du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, en partenariat avec le Seed Savers Network.
Jour 1 : Un accueil chaleureux et une entreprise intégrée
Photo de groupe d’agriculteur.rice.s ougandais.e.s et kényan.e.s lors de la visite d’échange à la banque de semences communautaire de Kabudi-Agoro. Crédit photo : Bioversity International et CIAT / L. Aluso
La journée a débuté par une visite à la banque de semences communautaire de Kabudi-Agoro, où l’équipe a été chaleureusement accueillie par des chants et danses traditionnels interprétés par les femmes agricultrices de la banque de semences communautaire. Les agriculteur.rice.s de Kabudi-Agoro ont présenté leur impressionnante diversité culturale. En plus de conserver des cultures indigènes, iels sont désormais expert.e.s en valorisation, produisant une farine composite renommée appelée « UJI POWER » pour la bouillie, ainsi que des gâteaux à base de sorgho et de millet finger. La dégustation de leur bouillie chaude et sucrée, aussi bien pour les bébés que pour les adultes, a constitué une délicieuse preuve de concept.
Tout aussi inspirante, la ferme agrégée de Kabudi-Agoro est un écosystème agricole holistique, avec une variété d’activités productives et régénératrices gérées collectivement, en cours et prévues, pour soutenir durablement la communauté. Cette ferme agrégée intègre l’agriculture, l’aviculture, la production de mouches soldats noires, l’élevage de chèvres, de vaches, des étangs piscicoles ainsi qu’une porcherie.
Evalyne Okoth (agricultrice de la banque de semences communautaire de Kabudi-Agoro) anime une démonstration en direct du moulin qui transforme les semences en farine composite. Crédit photo : Bioversity International / R. Vernooy
D’autres enseignements ont été tirés lors de la visite de l’après-midi à la banque de semences communautaire de Nyando. Après un accueil chaleureux, les membres de la banque de semences communautaire ont présenté une démonstration pratique des équipements de valorisation, notamment le pré-broyage, le broyage fin et le séchage des légumes. Les agriculteur.rice.s de Nyando gèrent également une ferme agrégée où iels combinent savoirs traditionnels et modernes afin d’améliorer leurs moyens de subsistance et de faire face aux défis liés au climat.
Jour 2 : Cultures précieuses, politique et conservation
L’équipe a visité la banque de semences communautaire nutritionnelle de Vihiga. Les agriculteur.rice.s y ont présenté certaines de leurs précieuses feuilles traditionnelles, telles que la crotalaire, ainsi que d’autres cultures qu’iels conservent, sèchent et vendent à des écoles et institutions voisines, notamment l’Université de Maseno. En plus de préserver des cultures indigènes, iels ont également été formé.e.s à la valorisation, produisant plusieurs farines composites pour la bouillie et la pâtisserie à base d’amarante, de millet et de sorgho, entre autres cultures. Avec le soutien de l’Alliance de Bioversity International et du CIAT et du Seed Savers Network of Kenya, l’engagement des agriculteur.rice.s est allé bien au-delà de leurs champs. Iels ont contribué au processus ayant conduit le gouvernement du comté de Vihiga à lancer sa politique agroécologique, établissant une référence nationale en matière de pratiques agroécologiques durables. Cette politique vise à mettre en place des stratégies durables et intelligentes face au climat pour la production alimentaire.
Dans l’après-midi, une visite de la ferme de démonstration Nature Positive de Lyanaginga a illustré cette politique agroécologique en action. La ferme est un véritable foyer d’activités durables : incubation de vers nourris avec des épluchures de cultures telles que la banane et la pomme de terre, production d’engrais organique, et entretien de parcelles de démonstration pour des cultures comme la morelle africaine, la crotalaire et d’autres encore.
Légumes-feuilles africains séchés produits par la banque de semences communautaire de Vihiga. Crédit photo : Bioversity International/R.Vernooy.
Jour 3 : Synthèse des connaissances pour l'avenir
Participant.e.s à l’atelier final du projet NUS dans la salle principale du Vic Hotels. Crédit photo : Bioversity International / R. Vernooy
La dernière journée de l’atelier a réuni des agriculteur.rice.s de la délégation ougandaise, les trois banques de semences communautaires kenyanes ainsi que les coordinateur.rice.s du projet NUS venant du Ghana, de l' Ouganda, Zimbabwe et Zambie. Avec la facilitation de Ronnie Vernooy, responsable du projet à l’Alliance, les équipes ont présenté leurs réalisations, leurs défis et leurs recommandations politiques. Pour les agriculteur.rice.s ougandais.e.s, ce fut l’occasion de replacer tout ce qu’iels avaient vu et entendu lors de la visite d’étude dans les objectifs plus larges de souveraineté semencière et de sécurité alimentaire. Les agriculteur.rice.s ougandais.e.s ont exprimé que la visite d’échange a été un franc succès :
« Les agriculteur.rice.s kenyan.e.s ont un peu d’avance en matière de banques de semences communautaires et de valorisation, et il est important que les agriculteur.rice.s d’autres pays apprennent d’eux. »
Les graines de connaissances semées au cours de cette visite seront mises en pratique dans les champs des districts de Hoima et Masindi. Cette visite d’échange a démontré aux agriculteur.rice.s ougandais.e.s qu’avec des outils utiles, un minimum de formation et une approche intégrée, les banques de semences communautaires peuvent devenir de véritables moteurs de conservation, de valorisation et de moyens de subsistance durables.
Cover Image:Les agriculteurs de la banque de semences communautaire de Kabudi-Agoro ont présenté la diversité des haricots, du millet, du sorgho, du maïs et des légumes-feuilles traditionnels au cours de la visite. Crédit photo : Bioversity International/D.Mubiru
Continuer à explorer