Blog Haricots, climat et résilience : comment les informations météorologiques et climatiques transforment la culture du haricot à Homa Bay

Beans, Climate, and Resilience - How Weather and Climate Information is transforming Bean farming in Homa Bay

Le gouvernement du Royaume-Uni, les équipes WISER et leurs partenaires ont visité Homa Bay, au Kenya, les 11 et 12 juin 2025, pour voir comment les petit.e.s exploitant.e.s agricoles utilisent les informations climatiques du projet ECREA afin de renforcer la résilience de la culture du haricot et de prendre des décisions éclairées.

Au cœur du comté de Homa Bay, au Kenya, les agriculteur.rice.s redéfinissent leur manière de cultiver les haricots. Non pas seulement grâce à de meilleures semences ou de meilleurs outils, mais avec des prévisions météorologiques en main et des informations climatiques guidant chacune de leurs décisions. Lors d’une visite de terrain de deux jours pour les bailleurs de fonds, les 11 et 12 juin 2025, une équipe du gouvernement du Royaume-Uni et du programme WISER (dirigé par le Bureau météorologique du Royaume-Uni) a pu constater de première main comment les petit.e.s exploitant.e.s agricoles tirent parti des services d’informations météorologiques et climatiques (WCIS) pour construire des systèmes agricoles plus résilients.

La visite a été organisée par l’Alliance de Bioversity International et du CIAT, en collaboration avec l’Organisation kényane de recherche agricole et animale (KALRO), le Département météorologique du Kenya (KMD) et Caritas-Homabay. Elle visait à démontrer comment les informations climatiques localisées influencent la prise de décision agricole et les résultats obtenus. Cette activité s’appuie sur le travail préparatoire réalisé par la Pan-Africa Bean Research Alliance (PABRA) et le projet BRAINS, dont les efforts continus pour renforcer des chaînes de valeur du haricot résilientes au climat ont largement contribué à façonner les interventions du projet ECREA dans la région.

La visite a débuté à Suba North, dans la ferme de M. Sana, un agriculteur qui ne devine plus quand la pluie pourrait arriver. À la place, il écoute les bulletins radio et reçoit des mises à jour par SMS contenant des recommandations sur les périodes de semis, basées sur des données météorologiques. Cela est le fruit de la formation qu’il a reçue dans le cadre du projet ECREA, qui lui a permis, ainsi qu’à de nombreux autres, d’acquérir les connaissances nécessaires pour interpréter et utiliser les informations météorologiques et climatiques.

Son expérience est partagée par les membres de la coopérative agricole Lagesa Farmers’ Cooperative Society, où les agriculteur.rice.s ont appris à synchroniser leurs achats d’intrants et leurs cycles de semis avec les prévisions climatiques saisonnières. Ils ont expliqué comment, grâce à ces services, ils peuvent désormais semer en toute confiance et récolter avec de meilleurs résultats.

« Avant, nous nous basions sur des suppositions. Désormais, avec les prévisions climatiques que nous recevons à la radio et par SMS, nous savons exactement quand semer. Cela a changé notre manière de cultiver : nous planifions mieux, gaspillons moins et récoltons davantage », a déclaré M. Sana, membre de la coopérative Lagesa Farmers’ Cooperative Society.

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M. Sana, un cultivateur de haricots à Suba North, présente fièrement sa ferme florissante de haricots (à gauche) et sa récolte (à droite) à l’équipe en visite dans le cadre de la mission de terrain du gouvernement du Royaume-Uni et du programme WISER.

À la station météorologique de Suba, nous avons pu observer comment les données issues des modèles météorologiques parviennent jusqu’aux téléphones des agriculteur.rice.s. Pourtant, la véritable force ne réside pas dans les équipements de haute technologie, mais dans les relations établies entre des institutions comme le Département météorologique du Kenya et les communautés, qui rendent l’information pertinente et utilisable.

« La technologie est importante, mais c’est la confiance que nous construisons avec les communautés qui rend l’information climatique exploitable. Lorsque les agriculteur.rice.s croient aux prévisions, ils agissent en conséquence — et c’est là que le changement réel s’opère », a déclaré Paul Oloo, Directeur des services météorologiques du comté de Homa Bay.

À la station météorologique de Suba, l’équipe découvre comment les données météorologiques sont partagées avec les agriculteur.rice.s, illustrant la puissance de la technologie alliée à des partenariats locaux de confiance.

La deuxième journée nous a conduit.e.s au village de Wiga, où nous avons rencontré George Oketch, un agriculteur qui utilise des mises à jour en temps réel pour surveiller les infestations de pucerons dans sa culture de haricots. Non loin de là, l’Organisation communautaire de Wiga (Wiga Community Based Organization) est devenue un centre d’apprentissage climatique, accueillant des discussions communautaires, interprétant les prévisions et amplifiant les voix des femmes et des jeunes.

« Grâce aux mises à jour reçues à temps, je peux réagir rapidement, par exemple en pulvérisant tôt lorsqu’il y a un risque de pucerons. Cela a fait une grande différence pour protéger mes haricots », a expliqué George Oketch, un agriculteur du village de Wiga. « Et l’organisation communautaire de Wiga nous a permis de nous rassembler pour apprendre, échanger et prendre de meilleures décisions, surtout pour les femmes et les jeunes agriculteurs comme ma fille. »

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George Oketch explique comment l’utilisation des informations météorologiques et climatiques a amélioré ses pratiques agricoles et augmenté ses rendements en haricots.

Nous avons clôturé la visite en rencontrant quatre femmes cultivatrices de haricots particulièrement inspirantes, qui ont partagé comment les informations météorologiques et climatiques les ont aidées à réduire les pertes post-récolte en alignant leurs activités avec les périodes sèches prévues. Pour elles, les prévisions vont bien au-delà de la météo : ce sont des outils d’autonomisation.

« Nous perdions beaucoup après la récolte parce que nous ne savions pas quand la pluie reviendrait. Aujourd’hui, grâce aux prévisions, nous faisons sécher et stockons nos haricots au bon moment. Ce n’est pas seulement une question de météo, c’est une question de contrôle, de confiance et de nourrir nos familles », a confié Mary Atieno, une agricultrice, lors de la visite.

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Rose, représentante du groupe de femmes agricultrices Koketch, présente fièrement sa ferme — illustrant comment les femmes accèdent aux services d’informations météorologiques et climatiques (WCIS) et les utilisent pour renforcer une agriculture intelligente face au climat.

Si l’impact positif des services d’informations météorologiques et climatiques (WCIS) est manifeste, les défis le sont tout autant : tous les agriculteur.rice.s ne possèdent pas de téléphone, les prévisions manquent parfois de précision à l’échelle locale, et une fois le financement des projets terminé, la continuité de la formation et de l’accès à l’information devient une préoccupation.

C’est précisément cette lacune que le projet ECREA s’efforce de combler grâce à son modèle en cascade. En formant des formateur.rice.s de formateur.rice.s (TOT), qui à leur tour forment d’autres agriculteur.rice.s, ECREA construit un réseau durable de diffusion locale. Ces TOT incluent des agriculteur.rice.s, des jeunes et des agents de vulgarisation, qui traduisent le jargon météorologique en informations concrètes et utiles pour la communauté.

Pour renforcer encore davantage l’accessibilité, le projet investit également dans des approches de communication adaptées, notamment l’utilisation de langues locales, de supports visuels et de radios communautaires, afin que même les personnes sans accès au numérique, en particulier les femmes et les agriculteur.rice.s âgé.e.s, ne soient pas laissé.e.s pour compte.

À mesure que les chocs climatiques s’intensifient, les services d’informations météorologiques et climatiques (WCIS) ne sont plus un luxe : ils sont une nécessité. La visite à Homa Bay a démontré que lorsque l’information circule, l’espoir aussi. Les agriculteur.rice.s ne se contentent plus de réagir au climat : ils et elles planifient en fonction de celui-ci. Ils et elles commercialisent mieux, gèrent les risques et construisent des systèmes agricoles qui fonctionnent même lorsque le climat ne suit pas.

Au cœur de cette transformation se trouvent les partenariats : entre agences gouvernementales, ONG, chercheur.euse.s, communautés et partenaires de développement tels que le gouvernement du Royaume-Uni à travers le FCDO, WISER et le Met Office, dont l’appui a été déterminant. Cet esprit de collaboration doit être entretenu afin d’assurer la continuité et l’extension d’une agriculture intelligente face au climat.

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