From the Field Autonomiser les comtés : renforcer les capacités de déclaration des GES dans la production agricole au Kenya
En août et octobre 2024, des ateliers de renforcement des capacités ont été organisés dans cinq comtés kenyans, formant 100 agent·e·s agricoles à la déclaration des GES dans le sous-secteur des cultures. Ces ateliers visent à aider le Kenya à atteindre ses objectifs d'action climatique et à améliorer les pratiques agricoles durables.
Par : Sylvia Nyawira, Obadiah Mwangi, Dorcas Jalango, Angela Kioko
Le sous-secteur des cultures au Kenya joue un rôle crucial dans l'économie du pays, mais il constitue également une source importante d'émissions de gaz à effet de serre (GES). Les principaux facteurs contribuant à ces émissions incluent les changements d'affectation des terres, l'utilisation d'engrais et la gestion des résidus de cultures. Ensemble, ces pratiques agricoles libèrent de grandes quantités de dioxyde de carbone (CO₂), de méthane (CH₄) et de protoxyde d'azote (N₂O) dans l'atmosphère, accélérant ainsi le changement climatique. Comme l'agriculture est essentielle pour les revenus et la survie de nombreuses personnes, il est primordial de s'attaquer aux émissions de GES dans ce secteur pour permettre au Kenya de respecter ses engagements climatiques et de favoriser des pratiques agricoles durables.
Un suivi précis de ces émissions est essentiel pour améliorer les techniques agricoles, honorer les engagements climatiques internationaux et promouvoir la durabilité sans compromettre la productivité. Cependant, des défis liés à la collecte de données au niveau local entravent un suivi et une déclaration efficaces. Sans données précises provenant du terrain, l'inventaire des GES du Kenya reste incomplet, ce qui affecte les estimations des émissions et limite les interventions ciblées.
Renforcer les capacités de déclaration des GES
Les contributions déterminées au niveau national (CDN) du Kenya pour réduire les GES exigent un système de déclaration robuste et complet, en particulier pour le secteur agricole. Le renforcement des capacités techniques des expert·e·s et des parties prenantes locales est crucial pour garantir une collecte de données précise et un suivi efficace des actions d'atténuation. Les expert·e·s formé·e·s peuvent guider les agriculteur·rice·s, les décideur·euse·s politiques et les parties prenantes dans l'adoption de pratiques agricoles intelligentes face au climat, contribuant ainsi à réduire les émissions, renforcer la résilience climatique et prendre des décisions éclairées par les données, en accord avec les objectifs climatiques nationaux et mondiaux.
Le projet financé par l'Initiative pour la transparence de l'action climatique (ICAT), intitulé "Soutien à l'inventaire des GES pour le sous-secteur des cultures au Kenya," vise à améliorer la déclaration des GES au sein du secteur. Le projet développe des outils pour la collecte des données d'activité nécessaires à la transition vers un rapportage de niveau 2 (Tier 2). Il engage les parties prenantes pour évaluer l'état actuel de la déclaration des GES, crée des systèmes de gestion des données et renforce les capacités des parties prenantes nationales et infranationales pour compiler et gérer les inventaires de GES.
Ateliers de renforcement des capacités : autonomiser les expert·e·s locaux·ales
En août et octobre 2024, l'Alliance de Bioversity International et du CIAT, dans le cadre du projet financé par l'ICAT, a organisé des ateliers de renforcement des capacités dans cinq comtés : Taita Taveta, Nyamira, Baringo, Murang’a et Makueni. Ces ateliers ont réuni 100 participant·e·s, dont des agent·e·s agricoles au niveau des circonscriptions et sous-comtés, ainsi que des représentant·e·s des gouvernements de comté issus des Ministères de l'Agriculture, de l'Élevage et de l'Environnement.
Animés par des expert·e·s de l'Unité du changement climatique du Ministère du Développement de l'Agriculture et de l'Élevage (MOALD-CCU), des membres de la plateforme CSA-MSP et des chercheur·e·s de l'Alliance, ces ateliers ont offert une formation pratique pour doter les participant·e·s des compétences nécessaires au suivi et à la déclaration efficace des émissions de GES. Les sessions de formation, d'une durée de deux jours, ont porté sur les domaines clés suivants :
- Comprendre les émissions de gaz à effet de serre : Ce module couvrait les types de GES, les activités agricoles contribuant aux émissions, ainsi que les moyens pour les agriculteur·rice·s de réduire ou d'adapter les effets du changement climatique.
- Politiques et exigences mondiales pour la déclaration des GES : Les participant·e·s ont appris les accords climatiques internationaux, les exigences en matière de déclaration et l'importance de collecter des données précises pour respecter ces normes.
- Dispositifs institutionnels dans les processus d'inventaire des GES : Ce module clarifiait les rôles et responsabilités liés à la collecte et à la déclaration des données, soulignant l'importance de la coordination entre les agences pour assurer des processus harmonieux.
- Élaboration de l'inventaire des GES dans le sous-secteur des cultures : Les participant·e·s ont été introduit·e·s au processus d'inventaire des GES, aux types de données nécessaires et aux avantages d'une déclaration précise des émissions.
- Formation sur l'outil de collecte des données d'activité : Ce module présentait un nouvel outil co-développé par l'Alliance et l'Unité du changement climatique. L'outil a été testé auprès de groupes d'agriculteur·rice·s dans les cinq comtés et se concentre sur la collecte de données détaillées sur l'utilisation des terres, les pratiques de gestion des cultures, l'application d'engrais et de fumier, ainsi que la gestion des résidus de cultures. Cet outil vise à fournir des estimations plus précises des émissions de GES, soutenant ainsi des stratégies plus efficaces d'atténuation du changement climatique.
Voix du terrain
Les participant·e·s ont exprimé leur reconnaissance pour l'atelier et son approche pratique de la déclaration des GES. Job Mjema, un agent agricole, a déclaré : « La formation était très enrichissante, l'outil de collecte de données est facile à utiliser, et je me sens confiant·e pour l'utiliser afin de recueillir des informations précises auprès des agriculteur·rice·s. »
Une autre participante, Nancy Ndegwa, a souligné comment l'atelier a approfondi sa compréhension de l'importance des données locales dans les rapports nationaux : « En tant que personne travaillant en étroite collaboration avec les agriculteur·rice·s, la session sur l'élaboration de l'inventaire des GES dans le sous-secteur des cultures a été extrêmement bénéfique. Elle m'a donné une vision plus claire de l'impact des données que nous collectons sur les rapports nationaux et sur les objectifs climatiques du Kenya. Je me sens désormais mieux équipée pour contribuer à ce processus essentiel, » a-t-elle partagé.
Combler les lacunes dans l'inventaire des GES
Le sous-secteur des cultures au Kenya rencontre plusieurs défis pour maintenir un inventaire complet des GES, en particulier en raison de problèmes liés à la disponibilité des données. De nombreuses activités agricoles, notamment celles menées par les petits exploitant·e·s, sont mal documentées. Les ressources financières et humaines limitées entravent également la collecte et le traitement systématiques des données. Dans les zones rurales, l'infrastructure inadéquate pour la collecte et la transmission des données contribue également à ces défis.
La faible sensibilisation au changement climatique exacerbe ces lacunes. De nombreuses communautés agricoles ne comprennent pas pleinement l'importance de la déclaration des GES ni les avantages directs de leur participation aux efforts de collecte de données. Accroître la sensibilisation et l'engagement au niveau local est essentiel pour combler ces lacunes et améliorer la précision de l'inventaire des GES du Kenya.
Conclusion
En dotant les parties prenantes locales des compétences et des outils nécessaires pour surveiller et déclarer les émissions de GES, le Kenya fait des progrès significatifs vers la réalisation de ses engagements en matière de lutte contre le changement climatique. Les ateliers de renforcement des capacités permettent aux agent·e·s au niveau des comtés de jouer un rôle essentiel dans le suivi des émissions, en guidant les agriculteur·rice·s vers l'adoption de pratiques durables et en contribuant aux objectifs climatiques nationaux. Ces efforts renforceront la capacité du Kenya à atteindre ses cibles de CDN et à construire un secteur agricole plus durable et résilient.