Blog L Les racines du changement : quand les écolier·ère·s nigérien·ne·s redécouvrent les aliments oubliés
De février à mai 2025, 68 élèves âgés de 9 à 12 ans ont participé à une aventure éducative inédite : un voyage immersif au pays des espèces négligées et sous-utilisées (NUS). Soutenus par le projet SUSTLIVES et encadrés par l’équipe passionnée de Forge Arts formée par Association Watinoma, ces enfants sont devenus jardiniers, enquêteurs, artistes… et surtout, acteurs du changement.
Tout a commencé par une question : Pourquoi certaines plantes locales sont-elles oubliées ? Cette interrogation a ouvert la porte à un apprentissage riche et interactif sur cinq espèces clés : l’amarante, la patate douce, le pois de terre, l’oseille de Guinée et le moringa.
Dans un mélange de théorie et de pratique, et en utilisant le module de formation sur les NUS développé par l’Alliance en collaboration avec l’Association Watinoma, les élèves ont appris à préparer le sol, semer les graines et entretenir les cultures dans leur jardin scolaire. « C’était tellement enthousiasmant de voir leurs mains dans la terre, leurs cahiers remplis de questions », a partagé l’un des enseignants.
Crédit photo : Bioversity International/Hyacinthe Combary
Mais l’apprentissage ne s’est pas arrêté là. Grâce au théâtre, au chant, au dessin et à la narration, les enfants ont su exprimer et transmettre leur savoir. Ils ont réalisé des affiches, écrit des poèmes et joué des saynètes inspirées des enquêtes menées dans leur communauté.
Ils ont même formé un “Gouvernement scolaire NUS” symbolique, avec un Premier ministre et plusieurs ministres : de l’Éducation, de la Santé, et de l’Environnement—une belle leçon de citoyenneté.
Le point culminant ? Une grande fête communautaire qui a rassemblé plus de 150 personnes. Les élèves y ont présenté leurs créations, chanté des chansons originales, et partagé un buffet à base de NUS : plats traditionnels, jus et thés, le tout préparé avec soin et fierté.
Semer bien plus que des graines
Au-delà des cultures, ce sont la confiance, la fierté et l’engagement qui ont germé. Comme le résume un parent : “Aujourd’hui, ce sont nos enfants qui nous apprennent à valoriser ce que nous avions oublié.”
Des pistes pour aller plus loin – ensemble
Malgré le succès de l’initiative à Niamey, certaines améliorations sont à envisager : prévoir davantage de temps pour les répétitions avant les restitutions publiques, et intégrer un suivi personnel à travers des journaux de bord ou des activités d’observation à domicile. Ces constats rejoignent ceux faits au Burkina Faso, où des jardins scolaires similaires ont servi d’espaces d’éveil communautaire. Dans « Semer les graines de demain », cette pédagogie agroécologique a déjà démontré son impact.
Essaimer dans tout le Sahel
Si un jardin peut transformer une école, imaginons ce que des dizaines peuvent faire pour une région. Il est temps de généraliser ces activités dans tout le Sahel. Les gouvernements, ONG, éducateurs et communautés doivent s’unir pour intégrer les NUS dans les programmes scolaires, former les enseignants et investir dans des espaces d’apprentissage agroécologiques. L’avenir de la sécurité alimentaire au Sahel pourrait bien commencer par un enfant qui plante une graine à l’école.
Ce petit jardin scolaire de Niamey nous rappelle que la durabilité commence par l’éducation, l’implication, et quelques mains bien décidées à changer le monde.
Crédit photo : Bioversity International/Hyacinthe Combary
Crédit photo couverture : Bioversity International/Hyacinthe Combary
Ce blog a été produit avec le soutien financier de l'Union européenne. Son contenu relève de la seule responsabilité de l'Alliance de Bioversity International et du CIAT et ne reflète pas nécessairement les opinions de l'UE, de l'Agence italienne pour la coopération au développement (AICS) ou de l'Institut agronomique méditerranéen de Bari (CIHEAM Bari).